En l’espace d’un siècle, le harle bièvre a quitté les rives haut-savoyardes du lac Léman pour s’installer dans d’autres régions. Une présence encore faible mais qui ne plaît pas à tout le monde. Mangeur exclusif de poissons, il devient un concurrent plus ou moins sérieux pour certains amoureux de la canne. Le harle bièvre –…

LE HARLE BIÈVRE, UNE EXPANSION QUI APPELLE UNE RÉGULATION ? COMMON MERGANSER

Le harle bièvre – Mergus merganserest une espèce assez récente en France.  Vers les années 1930, le harle bièvre nichait sur la partie française du lac Léman.  Jusqu’en 1974, sa présence est limitée au Léman et quelques cours d’eau limitrophes.

De 1974 jusqu’en 2013, le harle bièvre se rencontre dans le Jura, en Isère, en Savoie et, parfois, dans la plaine d’Alsace.

Depuis 2013, on le voit dans bien d’autres région françaises. Petit à petit, il s’adapte.

Aujourd’hui, la situation a bien changé. On le voit en Bretagne, en Ardèche, dans le nord  et l’est de la France.

Le Centre-Est de la France accueille la quasi-totalité (> 90%) des couples nicheurs.

En hiver, les effectifs sont nettement plus élevés avec l’arrivée d’hivernants venant d’Europe du Nord.

Si le Léman et le cours du Rhin accueillaient quasiment tous les hivernants avant les années1970, d’autres régions sont aujourd’hui visitées par le harle bièvre. Outre le célèbre lac Du Der en Haute-Marne, la Brenne, le val de Seine, la Bretagne ou encore le Limousin voient régulièrement cette espèce en hiver. Les conditions météorologiques en Europe du Nord influent beaucoup sur le nombre d’oiseaux présents en France.

Une expansion remarquable qui se constate également dans les pays voisins de la France.

Ce qui n’est pas sans causer des problème avec les pêcheurs qui trouvent là matière à colère.

Le harle bièvre est un carnassier. Un grand pêcheur de poissons d’eau douce comme le gardon, la perche ou l’épinoche. Certains pêcheurs prônent une régulation des effectifs de ce canard plongeur. Il aurait besoin jusqu’à 700 grammes de poissons par jour selon ses besoins. Ses proies sont de taille moyenne (entre 10 et 15 cm). Il mange aussi des insectes (surtout les poussins du harle bièvre), des écrevisses américaines (espèce invasive) et les poissons rejetés à l’eau par les pêcheurs professionnels sur le lac Léman.

Les nichées sont nombreuses mais de nombreux poussins sont mangés par les brochets mais aussi par les milans noirs voire les goélands. Une forme de régulation.

La présence du harle bièvre est aussi un indicateur de la santé des eaux. Mais cette même présence peut être mise à mal par la présence des nageurs ou la pratique des activités nautiques. La détérioration de l’habitat du harle bièvre par l’urbanisation ou les pratiques agricoles est également de nature à affecter sa présence (faible le plus souvent en dehors de la région du Léman).

ENGLISH VERSION

The Common Merganser – Mergus merganser – is a fairly recent species in France.  Around the 1930s, the Common Merganser nested on the French part of Lake Geneva.  Until 1974, its presence was limited to Lake Geneva and a few adjacent rivers.

From 1974 until 2013, the Common Merganser is found in the Jura, Isère, Savoie and sometimes in the plain of Alsace.

Since 2013, it has been seen in many other French regions. Little by little, it is adapting.

Today, the situation has changed significantly. We can see it in Brittany, Ardèche, and the north and east of France.

The Center-East of France hosts almost all (> 90%) of nesting pairs.

In winter, the numbers are much higher with the arrival of wintering birds from northern Europe.

If the Léman and the course of the Rhine welcomed almost all wintering before the years 1970, other regions are now visited by the Common Merganser. In addition to the famous Lac Du Der in Haute-Marne, the Brenne, the Val de Seine, Brittany and Limousin regularly see this species in winter. The weather conditions in northern Europe have a significant influence on the number of birds present in France.

A remarkable expansion that can also be seen in France’s neighboring countries.

Which is not without causing problems with the fishermen who find there a source of anger.

The Common Merganser is a predator. A great fish-eating bird of freshwater fish such as roach, perch, and stickleback. Some fishermen advocate a regulation of the numbers of this diving duck. He would need up to 700 grams of fish per day depending on his needs. Its prey are of medium size (between 10 and 15 cm). It also eats insects (especially the Common Merganser’s chicks), American crayfish (an invasive species) and fish thrown back into the water by professional fishermen on Lake Geneva.

The broods are numerous but many chicks are eaten by pike but also by black kites or even gulls. A form of regulation.

The presence of the Common Merganser is also an indicator of water health. But this same presence can be undermined by the presence of swimmers or the practice of nautical activities. The deterioration of the habitat of the Common Merganser by urbanization or agricultural practices is also likely to affect its presence (weak most often outside the region of Lake Geneva).

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