ARTICLES

LA MÉDUSE À POIS BLANC PARCOURT LES OCÉANS – THE WHITE-SPOTTED JELLYFISH TRAVELS THE OCEANS.

La méduse à pois blancs – Phyllorhiza punctata – doit son nom à ses points blancs qui parcourt son ombrelle bleue. On l’appelle aussi « méduse constellée ». Comme un ciel étoilé dans la nuit des profondeurs.

Cette méduse est originaire d’Australie, d’Océanie et d’Asie du Sud-Est. Mais elle devient invasive. On la retrouve ainsi dans le golfe du Mexique et dans d’autres régions du monde.

Cette méduse peut développer une ombrelle de grande dimension (entre 50 et 60 cm). Ce qui peut faire une masse énorme quand elles sont des centaines voire des milliers, réunies au même endroit.

Souvent les méduses sont urticantes. Ce n’est pas le cas de la méduse à pois blanc. Enfin, pas trop pour un humain. Elle porte huit bras assez courts mais n’a pas de longs filaments. Ces bras portent les cellules urticantes.

La méduse à pois blanc se laisse porter par les courants marins. Elle vit en haute mer et filtre l’eau pour se nourrir de zooplancton, d’œufs de poissons, de larves. Elle vit en symbiose avec des algues de très petite taille.

La vie de cette méduse se divise en deux grandes périodes. La première partie de son existence se passe en étant fixée à un rocher. Cela peut durer plusieurs années.

Puis elle décidera de se détacher et de devenir libre, portée par les courants et vivre ainsi en haute-mer. Cette époque pélagique est la période de la reproduction. Ces méduses à pois blancs vont donner naissance à d’innombrables larves qui vont alors se rapprocher des coraux pour s’y fixer et perpétuer ainsi le cycle de l’espèce.

ENGLISH VERSION

The white-spotted jellyfish – Phyllorhiza punctata – gets its name from the white dots covering its blue umbrella. It is also known as the « constellated jellyfish, » resembling a starry sky amidst the darkness of the deep.

Native to Australia, Oceania, and Southeast Asia, this jellyfish has become invasive; it can now be found in the Gulf of Mexico and other regions around the world.

It can grow a very large umbrella (between 50 and 60 cm in diameter), creating a massive presence when hundreds or even thousands of them gather in the same area.

Jellyfish are often capable of delivering a painful sting, but this is not the case for the white-spotted jellyfish—at least, not to a significant degree for humans. It has eight relatively short arms but lacks long tentacles; the stinging cells are located on these arms.

The white-spotted jellyfish drifts with ocean currents. It lives in the open sea, filtering the water to feed on zooplankton, fish eggs, and larvae. It lives in symbiosis with very small algae.

The life of this jellyfish is divided into two main stages. The first part of its existence is spent attached to a rock, a phase that can last for several years.

Eventually, it detaches and begins a free-floating existence, carried by currents in the open ocean. This pelagic phase is the reproductive period. The white-spotted jellyfish produce countless larvae, which then move toward coral reefs to anchor themselves and continue the species’ life cycle.

LE GUÊPIER D’EUROPE NICHE EN HAUTE-SAVOIE MAIS DÉCOUVRE AUSSI L’EUROPE DU NORD.

Le guêpier d’Europe – Merops apiaster – est un oiseau particulièrement coloré.

Il passe l’hiver en Afrique et se reproduit en Europe. Le bassin méditerranéen accueille la majeure partie de ces guêpiers d’Europe au printemps.

Mais, progressivement, son aire de répartition s’élargit. Son installation est avérée dans de nombreuses régions du Sud-Ouest comme du Centre. Petit à petit, il remonte la vallée du Rhône. Cela fait maintenant quelques décennies qu’il est installé dans la vallée du Doubs. C’est d’ailleurs là que j’ai découvert cette espèce pour la première fois.

Depuis quelques années, des petites colonies se sont installées à la frontière franco-suisse séparant la Haute-Savoie du canton de Genève. Les premiers oiseaux arrivent, en général, la troisième semaine de mai pour repartir dès la fin de l’été.

Le guêpier d’Europe a besoin de berges sablonneuses, de carrières de sable, de talus sablonneux entourés d’arbres pour nicher. Des parois verticales bordant un cours d’eau ou des talus bien droits le long d’une route par exemple suffisent pour que la colonie de guêpiers d’Europe décide de creuser et de nicher.

Ces configurations de terrains existent. Elles sont même façonnées par des techniciens pour enlever les plantes et les arbres qui pousseraient sur un talus. Ces obstacles empêchent l’oiseau d’entrer ou sortir directement de son nid. Ces terrains sont souvent soumis à interdiction d’entrer pour préserver la tranquillité des oiseaux. Il faut dire que certains talus sont très appréciés par les amateurs de motocross ou de VTT.

Il semble que le guêpier d’Europe n’ait pas terminé sa montée vers le nord de l’Europe.

Quelques couples ont niché en Scandinavie, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique. Cela reste marginal et probablement ponctuel. Le réchauffement climatique peut être une explication pour ces incursions aussi lointaines. Il est aussi possible que les courants aériens très favorables du printemps aient poussé quelques oiseaux bien au-delà des limites géographiques habituelles. Feront-ils le chemin de retour vers l’Afrique sans encombre ? Quelques centaines voire milliers de kilomètres en plus peuvent avoir un effet certain sur la gestion du temps et de l’alimentation.

ENGLISH VERSION

The European Bee-eater – Merops apiaster – is a particularly colorful bird.

It spends the winter in Africa and breeds in Europe. The Mediterranean basin hosts the majority of these European Bee-eaters in the spring.

However, its range is gradually expanding. Its presence is now confirmed in many regions of the Southwest and the Center. Little by little, it is moving up the Rhône Valley. It has been established in the Doubs Valley for several decades now; in fact, that is where I first discovered the species.

In recent years, small colonies have settled along the Franco-Swiss border separating Haute-Savoie from the Canton of Geneva. The first birds generally arrive during the third week of May and leave again at the end of the summer.

The European bee-eater requires sandy banks, sand quarries, or sandy slopes surrounded by trees for nesting. Vertical faces along watercourses or steep embankments—such as those beside roads—are sufficient for a colony of European bee-eaters to excavate burrows and nest.

Such terrain features do exist; in fact, they are often maintained by specialists who clear away vegetation and trees that might otherwise grow on the slopes. Such obstacles would prevent the birds from entering or exiting their nests directly. Access to these sites is often restricted to ensure the birds remain undisturbed, as certain embankments are highly popular with motocross and mountain biking enthusiasts.

It appears that the European Bee-eater has not yet finished its northward expansion across Europe.

A few pairs have nested in Scandinavia, Germany, the Netherlands, and Belgium. These occurrences remain sporadic and likely isolated. Global warming may explain such far-reaching forays. It is also possible that highly favorable spring air currents pushed some birds well beyond their usual geographical range. Will they make the return journey to Africa without incident? An extra few hundred—or even thousand—kilometers can certainly impact time and energy management.

HELICONIUS SARA, UN PAPILLON COLORÉ, TOXIQUE ET SURPRENANT – SARA LONGWING, A COLORFUL, TOXIC AND AMAZING BUTTERFLY.

Le Sara (ou Sara Longwing) est un papillon commun que l’on peut observer dans les forêts tropicales humides, s’étendant du Guatemala jusqu’au sud de l’Amazonie.

Les adultes privilégient la lisière des forêts ou les espaces ouverts

Mais il est aussi bien présent dans les jardins de ces régions.

Son envergure est d’environ 6 cm. Vers leur extrémité, deux bandes blanches traversent les ailes antérieures noires, tandis que la partie proche du corps est bleu foncé. Les ailes postérieures sont bleu foncé et noires. La face ventrale est noire, avec des marques rouges près du corps et deux bandes blanches sur les ailes antérieures.

Ses couleurs jouent un rôle majeur. Elles sont vives et bien contrastées. Ce qui envoie un message aux prédateurs quant à une éventuelle toxicité pour eux à manger ce papillon. Et si cela ne suffit pas, Heliconius sara sécrète également des molécules qui lui donnent un goût exécrable.

La chenille de ce papillon se nourrit de plantes comme les passiflores qui contiennent des toxines. Celles-ci passent dans le corps de la chenille et y reste quand elle devient papillon

Une excellente dissuasion. Il suffit d’en manger un pour savoir que tous les papillons ayant les mêmes couleurs seront infectes.  Le tout est de ne pas être le premier….

Heliconius sara se nourrit en suivant un itinéraire régulier. Il passe tout le temps dans un même sens et un « timing » identique chaque jour, visitant chaque jour des fleurs comme les Lantana qui lui apportent le nectar et des Psiguria (une plante grimpante de la famille des courges) pour le pollen. Une démonstration de l’existence d’une forme de mémoire pour localiser les lieux et les plantes.

ENGLISH VERSION

The Sara (or Sara Longwing) is a common butterfly found in tropical rainforests, ranging from Guatemala to the southern Amazon.

Adults prefer forest edges or open spaces,

but they are also frequently found in gardens throughout these regions.

It has a wingspan of approximately 6 cm. Towards the tips, the forewings are black and crossed by two white bands, while the area near the body is dark blue. The hindwings are dark blue and black. The underside is black, featuring red markings near the body and two white bands on the forewings.

Its colors play a major role. They are vivid and highly contrasting, signaling to predators that eating the butterfly might be toxic. And if that isn’t enough, Heliconius sara also secretes compounds that give it a foul taste.

The butterfly’s caterpillar feeds on plants—such as passionflowers—that contain toxins. These toxins are absorbed into the caterpillar’s body and remain there as it transforms into a butterfly.

It is a highly effective deterrent; one bite is enough to teach a predator that any butterfly with those same colors will taste awful. The only trick is not being the first one to find out…

Heliconius sara forages by following a regular route. It travels in the same direction and on the same schedule every day, visiting flowers such as Lantana for nectar and Psiguria (a climbing plant in the gourd family) for pollen—demonstrating a form of memory used to locate specific sites and plants.