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LE CHARDONNERET ÉLÉGANT, VICTIME DE TRAFIC – EUROPEAN GOLDFINCH, VICTIM OF POACHING.
Victime de son succès. De ses couleurs et de son chant, en réalité. Ce petit oiseau se fait de plus en plus rare dans nos campagnes. La faute à la disparition des terrains vagues, une agriculture de plus en plus intensive, une urbanisation galopante. Mais aussi à des captures de plus en plus nombreuses, surtout dans certaines régions. Pourtant, le chardonneret élégant devient de plus en plus fréquent en captivité sous de nombreuses mutations. Une détention possible, en France, si l’on respecte certaines obligations.

Le chardonneret élégant – Carduelis carduelis – est une espèce souvent évoquée sur ce blog.
Comment ne pas parler de ce petit oiseau si joliment coloré doté d’un chant si remarquable.
Il faut tout de même constater qu’il se fait de plus en plus rare dans nos jardins et nos campagnes.
À cela, plusieurs raisons.
Si, sur le plan mondial, la population de chardonnerets élégants ne pose pas trop de soucis (son aire de distribution couvre environ 26 millions de km²), il est considéré, en France, comme espèce vulnérable.
Si la destruction de son habitat et la disparition des graminées (agriculture, pesticides, urbanisation,) sont une cause importante du déclin du chardonneret élégant, les qualités que nous évoquions un peu plus-haut, sont aussi et surtout les raisons les plus sérieuses de sa disparition progressive.
Sur le pourtour méditerranéen le chardonneret élégant est très recherché pour ses qualités, notamment pour son chant. Cela est vrai pour les pays du Maghreb où la sous-espèce « parva » est très appréciée mais aussi à Chypre ou à Malte.
En France, la population de chardonnerets élégants a chuté d’au moins 30% en 10 ans.
Le braconnage semble augmenter un peu partout.
Rappelons qu’en France, le chardonneret élégant est une espèce intégralement protégée. Sa détention peut être sanctionnée par une amende de 150.000 euros et 3 ans de prison.
Rappelons aussi que sa détention en captivité peut être autorisée par la délivrance d’un certificat de capacité par l’Administration (et donc un suivi par la DDPP) et qu’il existe de nombreuses mutations chez le chardonneret élégant. Les chardonnerets élégants élevés en captivité son très majoritairement de la sous-espèce « Carduelis carduelis frigoris » connue sous le nom de « chardonneret de Sibérie ». Cette sous-espèce est une version plus grande et donc plus spectaculaire (puisque ses couleurs et son masque sont davantage mis en valeur, selon les éleveurs) que notre chardonneret européen.
Laissons donc nos chardonnerets dans nos campagnes et jardins charmer nos oreilles et flatter nos yeux.
L’élevage est en mesure de répondre aux attentes des amateurs de cette espèce au prix de quelques démarches administratives démontrant la capacité à détenir et élever ce magnifique oiseau.
ENGLISH VERSION
The European Goldfinch – Carduelis carduelis – is a species often mentioned on this blog.
How not to talk about this little bird so beautifully colored with such a remarkable song.
It must still be noted that it is becoming increasingly rare in our gardens and countryside.
To this, several reasons.
If, on a global level, the population of European Goldfinches does not pose too many problems (its distribution area covers about 26 million km 2), it is considered in France as a vulnerable species.
If the destruction of its habitat and the disappearance of grasses (agriculture, pesticides, urbanization, etc.) are an important cause of the decline of the goldfinch, the qualities we mentioned a little more-high, are also and above all the most serious reasons for its gradual disappearance.
On the Mediterranean rim, the European Goldfinch is highly sought after for its qualities, particularly for its singing. This is true for the countries of the Maghreb where the subspecies « parva » is highly appreciated but also in Cyprus or Malta.
In France, the population of European Goldfinches has dropped by at least 30% in 10 years.
Poaching seems to be increasing everywhere.
Recall that in France, the Goldfinch is a fully protected species. His detention can be sanctioned by a fine of 150,000 euros and 3 years in prison.
Recall also that its detention in captivity can be authorized by the issuance of a certificate of capacity by the Administration (and therefore a follow-up by the DDPP) and that there are many mutations in the goldfinch. The most common captive-bred goldfinches are the subspecies « Carduelis carduelis frigoris » known as « Siberian goldfinch ». This subspecies is a larger and therefore more spectacular version (since its colors and mask are more highlighted, according to the breeders) than our European goldfinch.
So let our goldfinches in our countryside and gardens charm our ears and flatter our eyes.
The breeding is able to meet the expectations of lovers of this species at the price of a few administrative procedures demonstrating the ability to keep and breed this magnificent bird.
Chant / Song : Alain Malengreau, XC819266. Accessible sur www.xeno-canto.org/819266
L’IBIS DE RIDGWAY, UN PETIT IBIS SUD-AMÉRICAIN – PUNA IBIS, A SMALL SOUTH-AMERICAN IBIS
Il ressemble beaucoup à l’ibis falcinelle qui, lui, vit notamment en France. Mais cet ibis sud-américain vit dans des régions froides et arides. Petit mais costaud. Découvrons dans cet article l’ibis de Ridgway.

L’Ibis de Ridgway – Plegadis ridgwayi – est originaire d’Amérique du Sud. On le trouve sur un territoire d’environ 1,4 million de km² situé entre l’Argentine, la Bolivie et le Pérou. Il peut se rendre en Équateur.
Comme l’indique son nom anglais (Puna Ibis), il vit dans cette région appelée « Puna », un habitat de pâturage situé sur les haut-plateaux de la cordillère des Ande entre le Pérou et la Bolivie principalement. L’altitude y est élevée (4200 mètres en moyenne, ce qui est haut pour un européen…). Le climat y est semi-aride et froid. Guère surprenant.
Il est toutefois possible que l’Ibis de Ridgway s’installe dans des zones beaucoup plus basses. Il peut être observé dans les zones humides, les vasières, les terres agricoles inondées, les mangroves et des zones construites par l’homme comme les canaux d’irrigation.
L’ibis de Ridgway se nourrit en sondant la boue à l’aide de son long bec courbé pour y trouver des mollusques, des invertébrés. Il se déplace selon les conditions climatiques et la disponibilité de la nourriture. Il peut donc être présent au niveau de la mer comme à plus de 5000 mètres d’altitude.
Il ressemble beaucoup à l’ibis falcinelle – Plegadis falcinellus – que l’on peut voir en France.
Si l’ibis de Ridgway est plus petit (61 cm vs 66 cm), son bec est rouge alors qu’il est gris chez l’ibis falcinelle. Le plumage est assez similaire avec de beaux reflets métalliques mais peut paraitre sombre selon la lumière.
Le mâle et la femelle sont semblables mais le mâle est un peu plus gros.
ENGLISH VERSION
The Puna Ibis – Plegadis ridgwayi – is native to South America. It is found in an area of about 1.4 million km2 located between Argentina, Bolivia, and Peru. It can move to Ecuador.
As its English name (Puna Ibis) indicates, it lives in this region called « Puna », a grazing habitat located on the high plateaus of the Andes cordillera between Peru and Bolivia mainly. The altitude is high (4,200 meters on average, which is high for a European…). The climate is semi-arid and cold. Hardly surprising.
It is however possible that the Puna Ibis settles in much lower areas. It can be observed in wetlands, mudflats, flooded farmland, mangroves and man-made areas such as irrigation canals.
The Puna Ibis feeds by probing mud using its long curved bill to find mollusks, invertebrates. It moves according to climatic conditions and the availability of food. It can therefore be present at sea level as well as at an altitude of more than 5,000 meters.
It is very similar to the Glossy Ibis – Plegadis falcinellus – that can be seen in France.
If the Puna Ibis is smaller (61 cm vs 66 cm), its beak is red while it is grey in the Glossy ibis. The plumage is quite similar with beautiful metallic reflections but can appear dark depending on the light.
The male and female are similar but the male is a bit larger.
LE HARLE BIÈVRE, UNE EXPANSION QUI APPELLE UNE RÉGULATION ? COMMON MERGANSER
En l’espace d’un siècle, le harle bièvre a quitté les rives haut-savoyardes du lac Léman pour s’installer dans d’autres régions. Une présence encore faible mais qui ne plaît pas à tout le monde. Mangeur exclusif de poissons, il devient un concurrent plus ou moins sérieux pour certains amoureux de la canne.

Le harle bièvre – Mergus merganser – est une espèce assez récente en France. Vers les années 1930, le harle bièvre nichait sur la partie française du lac Léman. Jusqu’en 1974, sa présence est limitée au Léman et quelques cours d’eau limitrophes.
De 1974 jusqu’en 2013, le harle bièvre se rencontre dans le Jura, en Isère, en Savoie et, parfois, dans la plaine d’Alsace.
Depuis 2013, on le voit dans bien d’autres région françaises. Petit à petit, il s’adapte.
Aujourd’hui, la situation a bien changé. On le voit en Bretagne, en Ardèche, dans le nord et l’est de la France.
Le Centre-Est de la France accueille la quasi-totalité (> 90%) des couples nicheurs.
En hiver, les effectifs sont nettement plus élevés avec l’arrivée d’hivernants venant d’Europe du Nord.
Si le Léman et le cours du Rhin accueillaient quasiment tous les hivernants avant les années1970, d’autres régions sont aujourd’hui visitées par le harle bièvre. Outre le célèbre lac Du Der en Haute-Marne, la Brenne, le val de Seine, la Bretagne ou encore le Limousin voient régulièrement cette espèce en hiver. Les conditions météorologiques en Europe du Nord influent beaucoup sur le nombre d’oiseaux présents en France.
Une expansion remarquable qui se constate également dans les pays voisins de la France.
Ce qui n’est pas sans causer des problème avec les pêcheurs qui trouvent là matière à colère.
Le harle bièvre est un carnassier. Un grand pêcheur de poissons d’eau douce comme le gardon, la perche ou l’épinoche. Certains pêcheurs prônent une régulation des effectifs de ce canard plongeur. Il aurait besoin jusqu’à 700 grammes de poissons par jour selon ses besoins. Ses proies sont de taille moyenne (entre 10 et 15 cm). Il mange aussi des insectes (surtout les poussins du harle bièvre), des écrevisses américaines (espèce invasive) et les poissons rejetés à l’eau par les pêcheurs professionnels sur le lac Léman.
Les nichées sont nombreuses mais de nombreux poussins sont mangés par les brochets mais aussi par les milans noirs voire les goélands. Une forme de régulation.
La présence du harle bièvre est aussi un indicateur de la santé des eaux. Mais cette même présence peut être mise à mal par la présence des nageurs ou la pratique des activités nautiques. La détérioration de l’habitat du harle bièvre par l’urbanisation ou les pratiques agricoles est également de nature à affecter sa présence (faible le plus souvent en dehors de la région du Léman).
ENGLISH VERSION
The Common Merganser – Mergus merganser – is a fairly recent species in France. Around the 1930s, the Common Merganser nested on the French part of Lake Geneva. Until 1974, its presence was limited to Lake Geneva and a few adjacent rivers.
From 1974 until 2013, the Common Merganser is found in the Jura, Isère, Savoie and sometimes in the plain of Alsace.
Since 2013, it has been seen in many other French regions. Little by little, it is adapting.
Today, the situation has changed significantly. We can see it in Brittany, Ardèche, and the north and east of France.
The Center-East of France hosts almost all (> 90%) of nesting pairs.
In winter, the numbers are much higher with the arrival of wintering birds from northern Europe.
If the Léman and the course of the Rhine welcomed almost all wintering before the years 1970, other regions are now visited by the Common Merganser. In addition to the famous Lac Du Der in Haute-Marne, the Brenne, the Val de Seine, Brittany and Limousin regularly see this species in winter. The weather conditions in northern Europe have a significant influence on the number of birds present in France.
A remarkable expansion that can also be seen in France’s neighboring countries.
Which is not without causing problems with the fishermen who find there a source of anger.
The Common Merganser is a predator. A great fish-eating bird of freshwater fish such as roach, perch, and stickleback. Some fishermen advocate a regulation of the numbers of this diving duck. He would need up to 700 grams of fish per day depending on his needs. Its prey are of medium size (between 10 and 15 cm). It also eats insects (especially the Common Merganser’s chicks), American crayfish (an invasive species) and fish thrown back into the water by professional fishermen on Lake Geneva.
The broods are numerous but many chicks are eaten by pike but also by black kites or even gulls. A form of regulation.
The presence of the Common Merganser is also an indicator of water health. But this same presence can be undermined by the presence of swimmers or the practice of nautical activities. The deterioration of the habitat of the Common Merganser by urbanization or agricultural practices is also likely to affect its presence (weak most often outside the region of Lake Geneva).