Voici un oiseau que l’on rencontre souvent sur le lac Léman. Pendant que la femelle s’occupe de sa progéniture, le mâle profite de l’été pour prendre le large. Voyons un peu ce qui se passe chez lui.

Le harle bièvre – Mergus merganser – est une espèce bien connue sur les eaux du lac Léman (France).
Si sa présence est avérée tout au long de l’année, elle n’est peut-être pas aussi régulière selon qu’il s’agisse d’une femelle ou d’un mâle.
Durant l’hiver, les couples se forment et se voient assez régulièrement sur l’eau mais aussi sur les rives.
Les poissons du Léman se sont bien multipliés par l’eutrophisation des eaux du lac. Les perches -Perca fluviatilis -, les gardons – Rutilus rutilus -, comme d’autres espèces de poissons blancs, ont bien bénéficié de ces conditions. L’introduction de moules et d’écrevisses américaines a fourni aussi une nouvelle source alimentaire au harle bièvre.
Si le harle bièvre est une espèce grégaire en dehors de la période de reproduction, son comportement est un peu particulier lorsque l’été arrive.
Si les femelles restent seules à s’occuper des poussins et à leur apprendre les techniques de pèche sur le Léman, les mâles vont vivre une nouvelle phase de leur existence.
Ils vont quitter les eaux calmes du Léman pour se diriger vers la Scandinavie voire le nord-ouest de la Russie pour rejoindre la mer Blanche et l’océan arctique.
Là, des dizaines de milliers de mâles de harles bièvres vont muer, loin de toute prédation. La perte de plume est quand même très invalidante pour voler voire mortelle pour l’oiseau.
Mais cette épreuve est assez peu connue des scientifiques. Les zones de mue sont mal définies. Est-ce intentionnel pour protéger les oiseaux des humains ou le harle bièvre souhaite-t-il vivre bien caché ? Mystère…
Une fois, cette mue terminée, les mâles rejoindront leur futur site de reproduction et y retrouveront les femelles. Beaucoup de mâles seront alors de retour sur le Léman qui reste un bastion majeur de la présence de cet oiseau en France.
ENGLISH VERSION
The Common Merganser is a well-known species on the waters of Lake Geneva (France).
If its presence is confirmed throughout the year, it may not be as regular depending on whether it is a female or a male.
During the winter, couples form and see each other quite regularly on the water but also on the banks.
The fish of Lake Geneva have multiplied greatly due to the eutrophication of the lake’s waters. Perch -Perca fluviatilis -, roach – Rutilus rutilus -, like other species of white fish, have benefited from these conditions. The introduction of mussels and crayfish has also provided a new food source for the Common Merganser.
If the Common Merganser is a gregarious species outside the breeding season, its behavior is a bit unusual when summer arrives.
If the females remain alone to take care of the chicks and teach them fishing techniques on Lake Geneva, the males will experience a new phase in their lives.
They will leave the calm waters of Lake Geneva to head towards Scandinavia or even northwestern Russia to reach the White Sea and the Arctic Ocean.
There, tens of thousands of males of Common Merganser will molt, far from any predation. The loss of feathers is still very disabling for flying or even fatal for the bird.
But this situation is not very well known to scientists. The moulting zones are poorly defined. Is it intended to protect birds from humans, or does the Common Merganser wish to live well hidden? Mystery…
Once this moult is over, the males will go to their future breeding site and meet the females there. Many males will then return to Lake Geneva, which remains a major site of the presence of this bird in France.
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