Si le grèbe huppé est présent tout au long de l’année sur le Léman, il n’aura pas mis bien longtemps pour apprécier un nouveau venu dans les eaux de plus en plus chaudes du lac alpin. Comment, pourquoi, quelles conséquences ? les questions ne manquent pas. Quelques réponses se dessinent. Voyons cela.

Le grèbe huppé – Podiceps cristatus – est un oiseau commun sur le Léman. Il y est présent tout au long de l’année et s’y reproduit facilement.
C’est à proximité du rivage que nous avons photographié ce grèbe huppé. Nous étions alors en février et cet oiseau portait déjà son plumage nuptial.
Après une plongée assez brève, le voici revenu à la surface, tenant dans son bec un poisson de belle taille.
N’étant pas un spécialiste des poissons, je me permets d’en déduire qu’il s’agit d’une blennie fluviatile – Salaria fluviatilis -. Un poisson méditerranéen arrivé dans le Léman en 2010 semble-t-il.
Son arrivée sur le Léman interpelle les spécialistes qui s’interroge sur le « comment ». Les pistes sont plurielles. Peut-être une remontée par le Rhône voire par les pêcheurs qui utilisent les blennies comme appât.
A moins que ce soit des oiseaux, comme les goélands, qui auraient apporté des œufs de blennies collés à leurs pattes. Cela s’est vu dans le cas des écrevisses américaines apparues dans des bassins de nénuphars éloignés du lac mais dans lesquels les canards venaient se poser.
Ce poisson habite les fonds rocheux à faible profondeur. Ce qui en fait une proie pour les grèbes. Cet oiseau plonge habituellement jusqu’à 6 mètres de profondeur mais il peut descendre plus bas si la proie est alléchante ou quand la nourriture se fait rare.
Le réchauffement climatique, avec l’augmentation de la température du lac Léman, va probablement favoriser le développement de cette espèce de poisson.
Si sa nourriture est composée d’œufs de poissons et de mollusques, nous verrons si cela aura un impact sur les autres espèces de poissons du lac.
Maintenant, si elle s’attaque aux œufs de moules quagga – Dreissena bugensis – cela sera bien vu par les spécialistes tant cette moule est un très dangereuse pour l’équilibre du lac. Chaque moule filtre 1 litre d’eau par jour, privant ainsi les autres espèces de toutes sources alimentaires.
ENGLISH VERSION
The Great Crested Grebe – Podiceps cristatus – is a common bird on Lake Geneva. It is present there year-round and breeds readily.
We photographed this Great Crested Grebe close to the shore. It was February, and the bird was already sporting its breeding plumage.
After a fairly brief dive, it has surfaced, holding a sizable fish in its beak.
Not being a fish expert, I venture to guess that it is a freshwater blenny – Salaria fluviatilis – a Mediterranean fish that apparently arrived in Lake Geneva in 2010.
Its arrival in Lake Geneva has intrigued specialists, who are questioning *how* it got there. There are several possible explanations: perhaps it made its way up the Rhône, or was introduced by fishermen using blennies as bait.
Alternatively, birds—such as gulls—might have transported blenny eggs stuck to their feet. This phenomenon has been observed with American crayfish appearing in lily ponds far from the lake, yet visited by ducks.
Its arrival in Lake Geneva has intrigued specialists, who are questioning “how” it got there. There are several possible explanations: perhaps it made its way up the Rhône, or was introduced by fishermen using blennies as bait.
Alternatively, birds—such as gulls—might have transported blenny eggs stuck to their feet. This phenomenon has been observed with American crayfish appearing in lily ponds far from the lake, yet visited by ducks.
This fish inhabits shallow, rocky lakebeds, making it prey for grebes. This bird usually dives to a depth of up to 6 meters, but it can go deeper if the prey is tempting or when food is scarce.
Global warming—specifically the rising temperature of Lake Geneva—will likely favor the proliferation of this fish species.
Since its diet consists of fish eggs and mollusks, it remains to be seen whether this will impact other fish species in the lake. However, if it preys on the eggs of the quagga mussel – Dreissena bugensis -, a good news for specialists, given how dangerous that mussel is to the lake’s ecological balance.
Each mussel filters one liter of water per day, thereby depriving other species of food sources.
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