Il parcourt des milliers de kilomètres chaque année. Il quitte les régions arctiques du Canada, du Groenland ou de Sibérie pour venir passer l’hiver sur les côtes françaises. Il y restera ou continuera vers l’Afrique. Une espèce très grégaire qui forme de grands rassemblements. Mais, parfois, l’un d’entre eux choisit ou subit une autre voie. Et le voilà sur les bords du Léman, seul. Découvrons un peu de la vie de ce grand et beau migrateur.

Le bécasseau sanderling – Calidris alba – est un petit limicole court sur pattes reconnaissable à la couleur claire de son plumage en dehors de la période de reproduction.
C’est le cas ici avec cet oiseau présent sur les bords du Léman, en Haute-Savoie. Il est régulièrement présent mais en très petit nombre dès la fin septembre. Le bécasseau sanderling est plutôt rare à l’intérieur des terres. C’est au bord de mer que l’on verra surtout cette espèce quand les individus du Groenland ou de Sibérie rejoignent les côtes françaises de l’Atlantique, de la Manche, de la Mer du Nord voire de la Méditerranée pour y passer l’hiver.
C’est un grand migrateur. Il niche dans les régions arctiques et passe l’hiver soit en Europe de l’Ouest soit sur les côtes africaines, jusqu’à Madagascar et l’Afrique du Sud. Les oiseaux sibériens vont en Chine mais aussi en Arabie Saoudite. De grands voyageurs qui peuvent parcourir entre 20.000 et près de 30.000 kilomètres entre l’aller et le retour de leur migration. Certains peuvent voler sans faire de haltes sur des milliers de kilomètres. Tout dépendra des lieux d’hivernage retenu et des conditions de vol, de vent, de vie.
C’est à partir de la fin juillet que les adultes vont quitter les régions arctiques pour entreprendre leur migration postnuptiale. Ils vont donc quitter les régions de reproduction en passant par l’Islande puis l’Europe du Nord. Le voyage continuera le long des côtes hollandaises, belges, françaises, espagnoles. Certains oiseaux iront en Afrique parfois jusqu’en Afrique du Sud.
Les jeunes partiront l’Alaska, le nord du Canada, le Groenland ou la Sibérie après les adultes. Le temps de se plumer, de se muscler et de bien se nourrir pour ces longues traversées.
Le bécasseau sanderling fait partie de ces espèces qui migrent du Canada à l’Afrique en passant par l’Europe. Des parcours atypiques chez les oiseaux.
Et, parfois, un bécasseau sanderling se perd ou cherche une nouvelle voie et se retrouve sur les bords d’un lac. Comme ici, le Léman. Il affectionne les plages de sables. Il y en a très peu sur le Léman mais il en existe. Et il y a aussi des vagues. On peut alors voir ce coureur infatigable faire des va-et-vient entre chaque vague pour trouver sa nourriture.
Un spectacle moins spectaculaire qu’au bord de mer mais suffisamment rare en Haute-Savoie pour l’apprécier.
ENGLISH VERSION
The Sanderling – Calidris alba – is a small, short-legged wading bird, recognizable by its pale plumage outside the breeding season.
This is the case for the bird shown here, found along the shores of Lake Geneva in Haute-Savoie (France). It appears regularly but in very small numbers from late September onwards. The Sanderling is relatively rare inland; the species is most commonly seen along the coast, as individuals from Greenland or Siberia migrate to the French shores of the Atlantic, the English Channel, the North Sea, or even the Mediterranean to spend the winter.
It is a long-distance migrant. It nests in Arctic regions and spends the winter either in Western Europe or along the coasts of Africa, ranging as far as Madagascar and South Africa. Siberian birds travel to China as well as Saudi Arabia. These are great travelers, capable of covering between 20,000 and nearly 30,000 kilometers over the course of their round-trip migration. Some can fly thousands of kilometers without stopping; it all depends on the chosen wintering grounds and the conditions regarding flight, wind, and survival.
Adults begin leaving the Arctic regions in late July to embark on their post-breeding migration. They depart from their breeding grounds, passing through Iceland and then Northern Europe. Their journey continues along the coasts of the Netherlands, Belgium, France, and Spain. Some birds travel to Africa, sometimes reaching as far as South Africa.
The young birds will set off for Alaska, northern Canada, Greenland, or Siberia after the adults—taking the time to grow their flight feathers, build muscle, and feed well for these long journeys.
The sanderling is one of those species that migrates from Canada to Africa via Europe—an unusual route for a bird.
Sometimes, a sanderling gets lost or seeks a new path and finds itself on the shores of a lake—like Lake Geneva. It favors sandy beaches; while rare on Lake Geneva, they do exist. There are waves, too. You can then watch this tireless runner darting back and forth between waves in search of food.
It is a sight less dramatic than at the seaside, perhaps, but rare enough in Haute-Savoie to be truly appreciated.
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