S’il passe l’hiver dans les plaines africaines, le voici de retour en Europe dès le printemps pour nicher. S’il est installé depuis quelques années près du lac Léman, le guêpier d’Europe a décidé de poursuivre sa route vers la Scandinavie. S’agit-il d’une simple tentative ou d’un phénomène plus durable ?

Le guêpier d’Europe – Merops apiaster – est un oiseau particulièrement coloré.
Il passe l’hiver en Afrique et se reproduit en Europe. Le bassin méditerranéen accueille la majeure partie de ces guêpiers d’Europe au printemps.
Mais, progressivement, son aire de répartition s’élargit. Son installation est avérée dans de nombreuses régions du Sud-Ouest comme du Centre. Petit à petit, il remonte la vallée du Rhône. Cela fait maintenant quelques décennies qu’il est installé dans la vallée du Doubs. C’est d’ailleurs là que j’ai découvert cette espèce pour la première fois.
Depuis quelques années, des petites colonies se sont installées à la frontière franco-suisse séparant la Haute-Savoie du canton de Genève. Les premiers oiseaux arrivent, en général, la troisième semaine de mai pour repartir dès la fin de l’été.
Le guêpier d’Europe a besoin de berges sablonneuses, de carrières de sable, de talus sablonneux entourés d’arbres pour nicher. Des parois verticales bordant un cours d’eau ou des talus bien droits le long d’une route par exemple suffisent pour que la colonie de guêpiers d’Europe décide de creuser et de nicher.
Ces configurations de terrains existent. Elles sont même façonnées par des techniciens pour enlever les plantes et les arbres qui pousseraient sur un talus. Ces obstacles empêchent l’oiseau d’entrer ou sortir directement de son nid. Ces terrains sont souvent soumis à interdiction d’entrer pour préserver la tranquillité des oiseaux. Il faut dire que certains talus sont très appréciés par les amateurs de motocross ou de VTT.
Il semble que le guêpier d’Europe n’ait pas terminé sa montée vers le nord de l’Europe.
Quelques couples ont niché en Scandinavie, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique. Cela reste marginal et probablement ponctuel. Le réchauffement climatique peut être une explication pour ces incursions aussi lointaines. Il est aussi possible que les courants aériens très favorables du printemps aient poussé quelques oiseaux bien au-delà des limites géographiques habituelles. Feront-ils le chemin de retour vers l’Afrique sans encombre ? Quelques centaines voire milliers de kilomètres en plus peuvent avoir un effet certain sur la gestion du temps et de l’alimentation.
ENGLISH VERSION
The European Bee-eater – Merops apiaster – is a particularly colorful bird.
It spends the winter in Africa and breeds in Europe. The Mediterranean basin hosts the majority of these European Bee-eaters in the spring.
However, its range is gradually expanding. Its presence is now confirmed in many regions of the Southwest and the Center. Little by little, it is moving up the Rhône Valley. It has been established in the Doubs Valley for several decades now; in fact, that is where I first discovered the species.
In recent years, small colonies have settled along the Franco-Swiss border separating Haute-Savoie from the Canton of Geneva. The first birds generally arrive during the third week of May and leave again at the end of the summer.
The European bee-eater requires sandy banks, sand quarries, or sandy slopes surrounded by trees for nesting. Vertical faces along watercourses or steep embankments—such as those beside roads—are sufficient for a colony of European bee-eaters to excavate burrows and nest.
Such terrain features do exist; in fact, they are often maintained by specialists who clear away vegetation and trees that might otherwise grow on the slopes. Such obstacles would prevent the birds from entering or exiting their nests directly. Access to these sites is often restricted to ensure the birds remain undisturbed, as certain embankments are highly popular with motocross and mountain biking enthusiasts.
It appears that the European Bee-eater has not yet finished its northward expansion across Europe.
A few pairs have nested in Scandinavia, Germany, the Netherlands, and Belgium. These occurrences remain sporadic and likely isolated. Global warming may explain such far-reaching forays. It is also possible that highly favorable spring air currents pushed some birds well beyond their usual geographical range. Will they make the return journey to Africa without incident? An extra few hundred—or even thousand—kilometers can certainly impact time and energy management.
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