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LA PIE-GRIECHE ÉCORCHEUR, UN NOM PARTICULIER POUR L’OISEAU-BOUCHER

La pie-grièche écorcheur – Lanius collurio – n’a pas bonne réputation.

Son nom d’ailleurs reflète ce sentiment.

On l’appelle « pie » car les oiseaux de cette famille Lanius sont souvent blancs et noirs. Même si le mâle que l’on voit ici, est assez coloré

Le cri de cet oiseau contribue aussi à cette analogie. Les anglais appellent cette espèce « Shrike », une onomatopée qui exprime bien cette petite ressemblance.

Quant à « Grièche », il est aussi en lien avec son caractère. Au Moyen-âge, les Grecs avaient la réputation d’être querelleurs, pénibles, chicaneurs. Autant dire que l’oiseau n’est pas commode.

Quant à « écorcheur », cela vient de sa façon de chasser.

Avec son bec ressemblant à un bec de rapace, on lui attribue des mœurs cruelles.

Si ce bec donne l’apparence d’un bec de rapace, il n’en a pas les qualités. Alors pour tuer et arracher les ailes, dards et autres parties non comestibles, la pie-grièche écorcheur fait usage d’épines ou de fils barbelés. Elle empale, en effet, sa proie pour l’immobiliser et mieux la dépecer. Ces lardoirs servent aussi de garde-manger. L’oiseau stocke des proies pour les jours où les conditions de chasse s’avèrent impossibles ou difficiles.

C’est ce comportement qui lui vaut l’appellation « d’oiseau-boucher » et le qualificatif d’ »écorcheur ». Surtout que de jeunes campagnols, de petits lézards ou de gros insectes finissent aussi empaler.

Avec son bec ressemblant à un bec de rapace, on lui attribue des mœurs cruelles.

ENGLISH VERSION

The Red-backed Shrike – Lanius collurio – does not have a good reputation.

Its name, in fact, reflects this sentiment.

It is called a « pie » (magpie) because birds in the *Lanius* family are often black and white—even though the male seen here is quite colorful.

The bird’s call also contributes to this comparison; in English, the species is called a « Shrike, » an onomatopoeic word that captures this slight resemblance.

As for « Grièche, » the name is linked to the bird’s temperament. In the Middle Ages, Greeks had a reputation for being quarrelsome, difficult, and contentious—implying that this bird is not an easy character.

As for « écorcheur » (meaning « flayer » or « skinner »), that comes from its hunting method.

With a beak resembling that of a bird of prey, it is reputed to have cruel habits.

Although its beak looks like a raptor’s, it lacks the same capabilities. Consequently, to kill its prey and tear off wings, stingers, and other inedible parts, the red-backed shrike makes use of thorns or barbed wire. It impales its prey to immobilize it and make it easier to dismember. These impaling points also serve as a larder; the bird stores prey for days when hunting conditions are difficult or impossible.

It is this behavior that earned it the nickname « butcher-bird » and the epithet « flayer »—especially since young voles, small lizards, and large insects also end up impaled.

With a beak resembling that of a bird of prey, it is reputed to have cruel habits.

LE MILAN NOIR, UN MIGRATEUR PRÉCOCE QUI SAIT PRENDRE DE LA HAUTEUR – BLACK KITE.

Le milan noir – Milvus migrans – est un grand migrateur. Si les populations européennes de ce rapace arrivent d’Afrique subsaharienne entre fin-février et début avril en Europe pour se reproduire, elles repartent très tôt vers le continent africain.

En Haute-Savoie, le milan noir arrive vers la mi-mars dans la région du lac Léman.

Le milan noir est une espèce en augmentation en France. Nous en voyons de plus en plus et c’est une bonne chose pour notre biodiversité. La France accueille près de 30 % de la population européenne et notre région en héberge beaucoup.

Aujourd’hui, ils sont quasiment tous partis vers le Sud.

De très nombreux milans noirs quittent leur site de nidification localisé en Europe centrale et de l’Est. Ils transitent en partie par la Vallée du Rhône et passent souvent par la région du Léman. Ils profitent des colonnes thermiques qui se forment le long des pentes ensoleillées des montagnes pour économiser leurs efforts.  Les pentes se réchauffent plus vite que les zones plates, ce qui génère ces bulles d’air chaud. Ils utilisent les courants chauds ascendants pour prendre de la hauteur, planer et rejoindre la prochaine colonne thermique, reprendre de la hauteur, planer et ainsi de suite. Les rapaces peuvent détecter les bulles d’air chaud et volent en spirale à l’intérieur de ces colonnes d’air chaud.

Si le milan noir est plutôt solitaire en période de reproduction, il devient très grégaire lors de ses vols migratoires. Ce comportement pourrait s’expliquer par le nombre limité de colonnes thermiques qui nécessitent des reliefs particuliers (les vallées des régions montagneuses sont idéales en raison d’un sol irrégulier et donc favorable à la création de ces poches d’air) et par la nécessité d’avoir des individus expérimentés par ce grand voyage au-delà du Sahara.

On peut ainsi voir des vols de plusieurs dizaines, voire centaines d’individus passer en même temps.

Mais s’il part si tôt, c’est aussi pour profiter des différences de températures. Le soleil chauffe moins et moins longtemps en automne. En septembre, octobre ou novembre, les colonnes thermiques auront quasiment disparues. Et les efforts ne seraient pas alors les mêmes. Et l’accès à la nourriture serait aussi plus compliqué. Le milan noir n’est pas un oiseau du froid.

Près de chez nous, en Haute-Savoie, plus de 4800 milans noirs sont passés entre juillet et août 2026. Il y aura encore quelques retardataires d’ici le début de septembre. L’an dernier, c’était près de 9000 milans noirs et plus de 7300 en 2023. Mais le mois n’est pas encore terminé.

Cette différence est conséquente. Les scientifiques étudieront probablement ces variations. Changement de route migratoire, effets de la canicule sur la reproduction, décalage dans le temps ? Nous verrons bien. En attendant bon vol au milan noir !

ENGLISH VERSION

The Black Kite – Milvus migrans – is a long-distance migrant. While European populations of this raptor arrive from sub-Saharan Africa between late February and early April to breed, they head back to the African continent very early.

In Haute-Savoie, the Black Kite arrives in the Lake Geneva area around mid-March.

The Black Kite population is increasing in France. We are seeing more and more of them, which is good for our biodiversity. France is home to nearly 30% of the European population, and our region hosts a large number of them.

By now, almost all of them have left for the south.

Large numbers of Black Kites leave their nesting grounds in Central and Eastern Europe. They migrate partly through the Rhône Valley, often passing through the Lake Geneva region. To conserve energy, they take advantage of thermal updrafts that form along sunny mountain slopes. These slopes warm up more quickly than flat terrain, generating pockets of warm air. The birds use these rising warm currents to gain altitude and glide to the next thermal, where they rise and glide again, repeating the process. Raptors can detect these pockets of warm air and circle within the rising columns.

While the Black Kite is rather solitary during the breeding season, it becomes highly gregarious during its migratory flights. This behavior could be explained by the limited number of thermals, which require specific terrain (the valleys of mountainous regions are ideal due to their uneven ground, thus favoring the creation of these air pockets), and by the need for individuals experienced in this long journey beyond the Sahara. Flocks of several dozen, or even hundreds, of individuals can therefore be seen passing by at the same time.

But if it departs so early, it is also to take advantage of the temperature differences. The sun is less intense and for a shorter time in autumn. By September, October, or November, the thermals will have virtually disappeared. The effort required would then be much greater, and access to food would also be more difficult. The Black Kite is not a bird of the cold.

Near us, in Haute-Savoie, more than 4,800 Black Kites passed through between July and August 2026. There will still be a few stragglers before the beginning of September. Last year, that amounted to nearly 9,000 Black Kites, and over 7,300 in 2023. But the month isn’t over yet.

This is a significant difference. Scientists will likely study these variations. A change in migratory routes, the impact of the heatwave on reproduction, or a shift in timing? We shall see. In the meantime, safe travels to the Black Kite!

LE MOINEAU DOMESTIQUE JUVÉNILE, UNE VIE PAS SI FACILE. THE JUVENILE HOUSE SPARROW: A NOT-SO-EASY LIFE.

Le moineau domestique – Passer domesticus – est un oiseau familier, proche des humains depuis des siècles. Il est si commun que l’on n’y prête guère d’attention.

Mais, s’il s’est parfaitement adapté à la vie citadine, il reste que son quotidien est loin d’être facile.

Les dangers qui guettent le moineau domestique sont encore plus nombreux quand il est jeune.

La mortalité juvénile est forte. Les oisillons meurent au nid notamment lors de fortes pluies. Les nids sont rudimentaires et ne protègent pas tant les poussins du froid et de l’humidité. Aujourd’hui, les canicules à répétition asphyxient et déshydratent les jeunes oiseaux au nid.

Pour fuir ces dangers ou par grand vent, les jeunes tombent du nid avant de pouvoir voler. La raréfaction de la nourriture (surtout des insectes dont les parents nourrissent les oisillons) les rend malingres et chétifs. Les malformations se rencontrent parfois chez certains oisillons.

La liste est donc déjà longue alors que le jeune n’a pas encore 2 semaines d’existence….

La vie continue et les dangers aussi.

Si les prédateurs sont nombreux (chat, épervier, rapace nocturne et, parfois, les goélands), d’autres risques sont plus liés aux humains. Les chocs avec les automobiles ou les vitres des maisons sont surtout vrais en ville. La campagne n’est guère absente avec l’empoisonnement du grain dans la lutte contre les rongeurs.

Bref, une vie d’enfer mais que surmonte assez bien notre moineau domestique.

Il est vrai qu’il peut mener jusqu’à 3 nichées par an pour compenser ces pertes. Sa nourriture est aussi variée, multipliant ainsi ses chances de se nourrir.

Espérons que ce jeune moineau que nous avons photographié sur les bords du Léman, puisse apprécier la beauté de son environnement et y vivre longtemps.

ENGLISH VERSION

The house sparrow – Passer domesticus – is a familiar bird that has lived close to humans for centuries. It is so common that it often goes unnoticed.

Yet, while it has adapted perfectly to city life, its daily existence is far from easy.

The dangers facing the house sparrow are even greater during its youth.

Juvenile mortality is high. Chicks often die in the nest, particularly during heavy rains; the nests are rudimentary and offer little protection against the cold and damp. Today, recurring heatwaves suffocate and dehydrate young birds in the nest.

To escape these dangers—or due to strong winds—the young fall from the nest before they are able to fly. A scarcity of food (especially the insects parents use to feed their chicks) leaves them sickly and stunted. Malformations are also sometimes found in some chicks.

The list of hazards is already long, even though the young bird is not yet two weeks old…

Life goes on, and so do the dangers.

While predators abound—cats, sparrowhawks, nocturnal birds of prey, and sometimes gulls—other risks are more closely linked to humans. Collisions with cars or house windows are particularly common in urban areas. The countryside is not without its own hazards, however, such as grain poisoning used in rodent control.

In short, a tough life—but one that our house sparrow manages to overcome quite well.

Admittedly, it can raise up to three broods a year to compensate for these losses. Its diet is also varied, thereby increasing its chances of finding food.

Let us hope that the young sparrow we photographed on the shores of Lake Geneva can appreciate the beauty of its surroundings and live a long life there.